Une société qui clôture au 30 septembre reçoit son premier acompte d’IS en décembre, pas en mars. Pour elle, le calendrier « 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre » qu’on lit partout reste exact sur les dates, mais l’ordre des acomptes est décalé. Et quand deux exercices se chevauchent la même année, deux acomptes peuvent tomber le même jour sans que personne dans l’entreprise ne l’ait anticipé.
On va détailler ici les échéances IS 2026 sous l’angle opérationnel : ce qui change concrètement dans le calendrier, les pièges liés aux exercices décalés et les points de vigilance pour éviter des majorations inutiles.
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Exercices décalés et double échéance IS : le risque que personne ne signale
Les quatre dates d’acompte IS (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) sont fixes. Ce qui varie, c’est le rang de l’acompte selon la date de clôture de l’exercice comptable. Une société qui clôture au 31 mars voit son premier acompte tomber en juin, le deuxième en septembre, et ainsi de suite.
Le problème survient lors d’un changement de date de clôture ou d’un premier exercice long. On peut alors se retrouver avec un acompte rattaché à l’exercice N-1 et un autre rattaché à l’exercice N qui tombent tous les deux au 15 du même mois. En pratique, le service des impôts des entreprises attend deux télépaiements distincts, chacun imputé sur un exercice différent.
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Si le cabinet comptable ou le service financier ne suit qu’un seul échéancier, le second acompte passe à la trappe. La majoration de retard s’applique alors automatiquement.

Exemple concret d’une clôture au 30 juin
Pour une société clôturant au 30 juin, le premier acompte de l’exercice ouvert le 1er juillet 2025 tombe au 15 septembre 2025. Le quatrième acompte arrive au 15 juin 2026. Si cette même société a changé sa date de clôture l’année précédente, elle peut encore devoir un solde ou un acompte résiduel sur l’ancien exercice à la même date de juin.
Les tableaux publiés par les sites spécialisés montrent clairement ce décalage, mais on le retrouve rarement traduit en alerte opérationnelle dans les outils de suivi courants.
Calendrier des acomptes IS 2026 : les dates réelles après report
Le 15 mars 2026 tombe un dimanche. Le premier acompte pour les sociétés à exercice civil est donc reporté au lundi 16 mars 2026. Ce décalage d’un jour peut sembler anodin, mais il modifie la date limite de télépaiement et, par ricochet, la date de prélèvement bancaire.
Voici les quatre échéances standard pour un exercice clos au 31 décembre :
- Premier acompte : 16 mars 2026 (report du dimanche 15 mars)
- Deuxième acompte : 15 juin 2026
- Troisième acompte : 15 septembre 2026
- Quatrième acompte : 15 décembre 2026
Pour les exercices décalés, l’ordre des acomptes change mais les dates restent les mêmes. Une clôture au 31 mars fait du 15 juin le premier acompte de l’exercice suivant, pas le deuxième.
Le piège du 15 juin 2026 pour certaines sociétés
Le 15 juin 2026 peut correspondre au deuxième acompte (clôture au 31 décembre), au premier acompte (clôture au 31 mars) ou au quatrième acompte (clôture au 30 juin). Trois situations différentes, trois bases de calcul différentes, une seule date sur le calendrier. Vérifier le rang de l’acompte avant de calculer le montant évite de partir sur la mauvaise assiette.
Seuil de dispense et demande d’exonération d’acompte IS
Les acomptes d’IS ne sont pas dus lorsque l’impôt sur les sociétés du dernier exercice clos reste sous un certain seuil. Plusieurs sources 2026 rappellent que cette dispense n’est pas automatique : la société doit déposer une demande de dispense par voie électronique avant la date d’échéance concernée.
Ne pas faire cette démarche revient à laisser l’administration attendre un paiement qui ne viendra pas. Même si le montant dû est nul, l’absence de formalisation peut générer des relances.
- Vérifier si l’IS de l’exercice précédent dépasse le seuil d’assujettissement aux acomptes
- Déposer la demande de dispense en ligne avant chaque échéance trimestrielle concernée
- Conserver la trace du dépôt pour répondre à d’éventuelles relances
Calcul de l’acompte IS 2026 : base de référence et taux applicables
Chaque acompte représente un quart de l’IS calculé sur le résultat du dernier exercice clos. Pour le premier acompte de mars 2026 (exercice civil), la base est le résultat fiscal de l’exercice clos au 31 décembre 2025. Si ce résultat n’est pas encore connu à la date du premier acompte, on utilise celui de l’exercice précédent, puis on régularise au deuxième acompte.
Les taux en vigueur restent le taux normal de 25 % et le taux réduit PME de 15 % sur la première tranche de bénéfice éligible. Le calcul de l’acompte doit ventiler les deux tranches si la société y est éligible.

Modulation : possible mais risquée
Une société peut réduire le montant d’un acompte si elle estime que son résultat de l’exercice en cours sera inférieur à celui de référence. Les retours varient sur ce point : certaines entreprises modulent dès le premier acompte, d’autres préfèrent attendre le troisième pour avoir une vision plus fiable.
Si la modulation s’avère excessive (l’IS final dépasse le total des acomptes versés de plus de 20 %), une majoration s’applique sur la différence. Mieux vaut documenter les hypothèses de résultat qui justifient la modulation.
Anticiper ses échéances IS 2026 : ce qu’on intègre au planning fiscal
Le vrai sujet n’est pas de connaître les dates, c’est de savoir quel acompte correspond à quel exercice, sur quelle base il se calcule, et si une formalité de dispense est nécessaire. Pour les sociétés à exercice décalé, la première étape consiste à reconstituer le tableau des quatre acomptes rattachés à l’exercice en cours, pas à copier le calendrier standard.
Un acompte oublié ou mal imputé coûte plus cher en temps de régularisation qu’en montant de majoration. Intégrer les échéances IS dans l’outil de gestion avec le bon rattachement d’exercice reste la mesure la plus efficace pour ne rien laisser passer en 2026.

